• 11 février 2026

Bruxelles ouvre une enquête sur Google pour avoir « dissimulé » du contenu journalistique.

Enquete sur Google

La Commission européenne a ouvert une enquête sur Google, soupçonné d’avoir enfreint la loi européenne sur les marchés numériques en « cachant » des contenus médiatiques dans les résultats de recherche.

La Commission européenne a officiellement lancé un processus visant à évaluer si Google applique des conditions d’accès équitables, raisonnables et non discriminatoires aux sites web des groupes de médias lors des recherches – une obligation stipulée dans la loi sur les marchés numériques », a annoncé Bruxelles dans un communiqué publié.

Plus précisément, la Commission européenne affirme avoir « des preuves que Google, sur la base de sa politique relative aux abus de réputation des sites, dégrade les sites web et les contenus des médias et autres éditeurs dans les résultats de recherche lorsque ceux-ci incluent du contenu provenant de partenaires commerciaux », ce que la société technologique a justifié comme une tentative de lutter contre des pratiques prétendument manipulatrices, mais cette justification n’a pas convaincu Bruxelles, qui invoque des préoccupations en matière de concurrence.

L’enquête porte sur cette politique d’abus de réputation par les sites web, et plus particulièrement sur la manière dont elle est appliquée aux médias. Bruxelles note que cette application « semble affecter directement une méthode courante et légitime que les éditeurs utilisent pour monétiser leurs sites web et leur contenu ».

« La Commission enquête donc pour savoir si la déclassification par Alphabet des sites web et du contenu des éditeurs dans les résultats de recherche Google peut affecter la liberté des éditeurs de mener des activités légitimes, d’innover et de collaborer avec des fournisseurs de contenu tiers », a déclaré l’institution à la presse.

Si la Commission européenne conclut à une violation du droit de l’UE, elle informera le géant technologique de ses conclusions préliminaires et expliquera les mesures qu’Alphabet devra prendre pour répondre efficacement aux préoccupations soulevées.

L’enquête devrait être achevée dans un délai d’un an.

En cas d’infraction, la Commission européenne peut infliger des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial total de l’entreprise, ce pourcentage pouvant atteindre 20 % en cas de récidive.

En cause : la nouvelle loi sur les marchés numériques, qui s’applique aux « gardiens d’accès », des entreprises qui créent parfois des barrières entre les entreprises et les consommateurs et contrôlent des écosystèmes entiers, composés de différents services de plateforme, tels que les places de marché en ligne, les systèmes d’exploitation, les services cloud ou les moteurs de recherche en ligne.

En vigueur dans l’UE depuis novembre 2022, le règlement sur les marchés numériques stipule des règles sur ce que les entreprises technologiques ayant le statut de « gardien » sont autorisées ou non à faire dans l’UE, une sorte de liste noire assortie de règles pour ces grandes plateformes.

Ces règles visent à instaurer des marchés équitables dans le secteur numérique en réglementant l’activité des « passerelles », c’est-à-dire les grandes plateformes numériques qui servent d’intermédiaires entre les entreprises et les consommateurs, et dont la position peut créer des barrières.

La désignation d’intermédiaires de contenu s’applique aux plateformes numériques dont le chiffre d’affaires annuel est réalisé dans l’UE ou dont la valeur marchande est d’au moins 7,5 milliards d’euros, qui opèrent dans au moins trois États membres et qui comptent plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels.

Outre Google (Alphabet), cette désignation est appliquée à d’autres entreprises telles qu’Amazon, Apple, Meta et Microsoft.

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